De la famille des Cucurbitacées, le luffa est un légume qui pousse sur une liane rampante et grimpante. Il est très apprécié en Asie du Sud-Est, notamment au Laos où il est appelé « mark bouab » pour le luffa lisse (Luffa aegyptiaca / Luffa cylindrica), à cause de son goût et de sa ressemblance à la courgette, et « mark noy » pour le luffa à côte (Luffa acutangula).
A la Réunion, ce légume est appelé « pipangaille lisse » et « pipangaille côtelée ».

Les deux espèces sont cueillies encore jeunes pour préparer des mets comme les sautés, farcis,… On peut également rajouter les jeunes feuilles pour préparer des mijotés ou du bouillon.
Note : Pour le « Luffa acutangula« , il faudra enlever ses côtes avant la préparation des plats.

En mûrissant, le luffa (surtout le Luffa aegyptiaca / cylindrica) devient jaune doré et sa pulpe se dessèche et devient fibreuse. Elle est alors utilisée pour fabriquer des éponges végétales (dite aussi « gant de crin »), excellent pour exfolier la peau.

L’huile de luffa, obtenue à partir des graines pressées à froid puis filtrées, possède des vertus réparatrices et nourrissantes.

Autre usage potentiel : dans l’artisanat lao, on peut trouver des gourdes d’eau en luffa lisse, très utile pour les paysans et les chasseurs. Pour cela, on le laisse mûrir et vieillir sur sa liane volontairement. Une fois cueilli et vidé, il est mis une nouvelle fois au séchage. Puis, après l’avoir bien nettoyé, on applique du vernis pour le rendre plus solide et plus brillant. Pour finir, on l’attache avec une ficelle ou une petite corde.
Les artisans font aussi de très jolies gourdes d’eau avec des calebasses (« mark nam » en lao).
Quant à sa pulpe, les Anciens l’utilisaient pour frotter les marmites.

Nos Grand-mères utilisaient souvent des luffas lisses juste mûrs et légèrement fibreux dont elles ne récupéraient que leur peau (qui restait croquante à la cuisson d’une quinzaine de minutes) et qu’elles éminçaient finement.

Elles mélangeaient par exemple 1 mûr avec 2 jeunes luffas pour préparer un délicieux dessert appelé « Nam vane mark bouab » avec du lait de coco, 2-3 pincées de sel, du sucre de canne ainsi qu’une petite boulette de riz gluant.